MICHPATIM – LE DOME DE FER D’ISRAEL Rav David Benitah

A peine l’évènement du Sinaï passé D. nous plonge dans la Paracha de Michpatim
qui, comme son nom l’indique, développe les Mitsvot à proprement parler. Comme
l’explique le Rav Tsvi Yéhouda, la phénoménologie de « paires » de Parachiot qui
existe dans le livre de Béréchit apparaît également dans celui de Chémot. Ainsi nous
verrons les Parachiot de Bo et de Béchallah’ qui regroupent les différentes étapes de
la sortie d’Egypte et, ensuite, Yitro et Michpatim pour le don de la Torah, d’abord au
niveau général (Yitro) et par la suite dans le détail (Michpatim).
Cependant, lorsque nous lisons cette Paracha, il y a un passage (paragraphe 23, 20-
33) qui semble totalement détaché du reste et qui, a première vue, n’aurait pas sa
place dans l’ordre du texte. Et pourtant l’injonction divine est incontournable : « Tu
ne feras de pacte avec eux ni avec leurs divinités. Qu’ils ne subsistent point sur ton
territoire ! Ils te feraient prévariquer contre moi ; car tu adorerais leurs divinités et
ce serait pour toi un écueil. » Tous les commentateurs s’accordent sur le fait qu’il
s’agit ici de non-juifs idolâtres. Le Rav S. R. Hirsch rajoute qu’il faut toujours avoir un
doute sur le fait que nous soyons arrivés au niveau où nous n’aurions rien à craindre
de la proximité de ces personnes, et que le fait de les côtoyer n’aura que de
mauvaises influences sur le Peuple Juif. Et la suite logique nous plonge dans
l’idolâtrie et nous éloigne de D.
Sans prétendre, D. nous en préserve, entrer dans les implications hilkhatiques de ces
versets, essayons de comprendre ce que la Torah vient enseigner à notre génération
par ceux-ci. Depuis que notre Peuple est sorti d’Egypte il a été de façon quasiincessante
influencé par des choses extérieures à notre patrimoine national qui est
la Torah, la seule loi divine donnée par D. Lui-même à un peuple tout entier. Il suffit
de relire par exemple les livres des Rois pour voir qu’une poignée de rois à peine
n’étaient idolâtres ou ne s’étaient vautrés dans la faute et le mal. L’émancipation, qui
a vu le jour en France au lendemain de la révolution française, a fait probablement
plus de ravages que toutes les croisades et inquisitions. Pourquoi ? Car le Juif, une
fois les portes du ghetto ou du mellah ouvertes, s’est jeté corps et âme dans la
culture qui l’a persécuté pendant 2.000 ans, avec la volonté féroce de se détacher de
ce poids qu’était son judaïsme et à cause duquel il avait tellement souffert.
Napoléon lui-même s’adressera au Rav David Sinzheim, qu’il avait nommé à la tête
du Grand Sanhédrin qu’il réunit à Paris en 1806, en lui demandant pourquoi il
continuait d’interdire aux Juifs d’épouser des non-juives alors qu’il leur avait octroyé
la citoyenneté et les mêmes droits civiques qu’aux français !
La Paracha de Michpatim nous indique le chemin à suivre sans équivoque. Le Peuple
Juif ne pourra rester lié et attaché à D. que dans le cas où il conservera sa culture,
son patrimoine, sa Torah, ses Mitsvot, et ce sans se mêler aux autres peuples. Mais
bien plus que le mélange physique il y a aussi le mélange spirituel. Le Prophète
Jérémie l’a écrit il y a plus de 2.000 ans : « Il n’y a pas de Torah parmi les non-juifs »
(Lamentations 2-9). Le premier des 10 commandements que nous avons lu la
semaine dernière est : « Je suis l’Eternel ton D. qui t’a fait sortir d’Egypte ». Tout
commence ici et, ainsi que l’enseigne nos Sages, tous les 10 se résument en celui-ci.
Ecoutons la voix qui émane du Sinaï, tendons l’oreille aux appels de D. qui résonnent
à travers les générations depuis des millénaires, regagnons notre foyer, tant sur le
plan matériel que spirituel, c’est la seule façon de faire avancer l’Histoire. D. nous en
a donné la force et la capacité. A nous de relever le défi et de remplir notre rôle dans
le monde. Chabat Shalom !

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