VAERA: GUEOULA D’HIER ET GUEOULA D’AUJOURD’HUI Rav David Benitah

Etonnamment le livre de Chémot est intitulé l’exode, alors que c’est exactement
l’inverse que ce livre nous fait vivre. La délivrance d’Egypte n’est ni une fuite, ni une
dispersion et bien au contraire ! C’est une sortie bien et longuement préparée, le
temps de frapper l’Egypte de dix plaies et de récupérer le salaire d’un labeur de tout
un peuple durant plus de 200 ans d’esclavage, et même si l’injonction divine était
d’en sortir rapidement et sans s’y attarder on attendra tout de même le matin pour
quitter ce pays, qui nous a tant opprimé, la tête haute et sans donner le sentiment
de s’enfuir vers une terre de refuge.
Nos Sages expliquent, dans le Midrach, que la sortie d’Egypte constitue le prototype
et les prémices des délivrances qui suivront dans le courant de l’Histoire, jusqu’à la
dernière que nous vivons de nos jours. Cependant, pour bien comprendre leurs
dires, nous devons auparavant saisir la signification du concept de Guéoula,
particulièrement dans le contexte actuel. En dehors du passage de l’état d’esclaves
de Pharaon à celui de serviteurs de D. essayons de voir ce qu’enseignent les
‘Hakhamims à ce sujet.
Le Malbim commente le passage du prophète Isaïe, lu dans la Haftara du huitième
jour de Pessah’ en Galout, en expliquant que la Guéoula passe par le rassemblement
des exilés, qui suit la reconnaissance du libérateur, à savoir la prise de conscience
que D. a sonné le Chofar de la libération. Sur le même verset Rabbi Avraham Ibn-Ezra
nous dit qu’à l’époque du second Beth haMikdach la Guéoula n’était pas complète
car le Peuple Juif n’avait pas réintégré la Terre d’Israël dans son entité. Rabbénou
Bé’hayé lui, dans son commentaire sur la Paracha de Vayé’hi, écrit qu’au moment de
la dernière Guéoula nous devrons tous réintégrer directement la Terre d’Israël, de
même façon que nous devions le faire en sortant d’Egypte, avant la faute des
explorateurs. Un peu plus loin le Malbim, à nouveau, décrira comment tout le
processus de Guéoula s’accomplira de façon miraculeuse mais que, par la suite et
après ces évènements, nous refuserons de voir la main de D. dans cette délivrance et
que nous l’attribuerons à un phénomène naturel ou à tout ce qu’il y a tout de plus
normal.
Nous pourrions citer ici encore des dizaines de sources et de Sages qui s’expriment
tous dans le même sens mais la place nous manque. Ce qui est évident et ressort à
travers tous les textes rabbiniques est que la Guéoula passe indéniablement par le
retour à Tsion, et ce même avant toute autre étape. C’est ainsi que D. Lui-même
décrit à Moché Rabbénou le but premier de la sortie d’Egypte (Chémot 3-8).
Mais cela ne suffit pas. Le fait de réintégrer la Terre d’Israël, en dehors de la Mitsva
d’y habiter, nous permet de nous retrouver libres et indépendants, et surtout
maîtres de nous-mêmes et de nos destins, chose impossible en Galout lorsque nous
sommes sous le joug des nations, même si parfois nous en avons la sensation. Et
uniquement dans ce cas précis nous avons la possibilité de recevoir et d’accomplir
les Mitsvot de la Torah, chose impossible tant que nous sommes en esclavage.
Comme l’écrit le Rav Kook nous devons prendre conscience que le processus de
Guéoula n’est pas seulement un déplacement géographique ou uniquement un
retour vers D. qui suscitera un phénomène surnaturel. Il s’agit d’un processus divin
tel que D. le décrit dans la Paracha de Nitsavim, imprégné de Kédoucha et qui exige
de nous d’agir dans cette direction, et ce dans tous les domaines de la vie. En tant
que tel nous devons l’aborder et l’appréhender. Aujourd’hui le processus est entamé
et va de l’avant. Certes il reste encore beaucoup à faire, mais la force, la capacité et
la volonte d’accéder à la Guéoula finale sont bien là, et ce sont elles qui auront le
dessus !

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